AutoMoto365.com a le plaisir de s’associer avec Sébastien Ogier pour le championnat du monde des rallyes 2010 ! Le pilote du Citroën Junior Team, plus grand espoir français pour succéder à Sébastien Loeb dans les tablettes du WRC, prendra la plume après chaque rallye pour nous livrer ses impressions, bonnes ou mauvaises, et s’exprimer aussi librement qu’il le souhaite. L’occasion pour tous nos lecteurs de suivre la saison WRC de l’intérieur, grâce au fil rouge des colonnes de Seb !
La parole au principal intéressé pour une première colonne qui fait suite au Rallye de Suède…
Bonjour,
C’est avec plaisir que j’ai décidé de répondre favorablement à la sollicitation d’AutoMoto365 pour vous proposer de suivre ma saison sur le site de référence en France. Billet d’humeur, coup de cœur, ma tribune sera libre et ça tombe très bien pour moi qui aime les grands espaces. Pour cette première, je ferai assez “corporate” car contrairement au WRC, je ne suis pas encore totalement habitué à cette prise de notes !
La Suède donc. J’y suis allé avec gourmandise et envie. Notamment car il s’agissait du premier rallye de la saison et que j’avais hâte de retrouver l’adrénaline de la compétition. Et puis, aller défier les nordiques sur leur terrain est toujours une entreprise de haut vol !
C’était une découverte totale pour moi mais j’adore les rallyes nordiques, la montagne, la neige et les sports de glisse. De ce point de vue, la Suède a parfois failli à la réputation des grandes épopées scandinaves avec des conditions piégeuses et un enneigement parfois limite. La neige s’est souvent dégradée entre les deux passages d’une même spéciale ; la première ES était souvent très agréable, la seconde plus difficile à appréhender. Ce n’est pas tant le choix que la gestion des pneus qui nous a pénalisés car le second passage, sur la terre, était très exigeant et nous avions du mal à conserver les pneus en état jusqu’à la fin d’une boucle. C’était le talon d’Achille de Citroën en Suède et il faudra que l’on travaille sur ce point spécifique car Ford avait visiblement mis le doigt sur la bonne gestion des pneus. Du coup, l’équipe officielle n’a pas obtenu les résultats qu’elle pouvait espérer à la fin de la première journée. Elle pouvait jouer la gagne… Seb peut gagner partout avec cette C4 ! Mais ce début de saison n’est pas si mal avec les 2ème et 4ème places derrière deux Finlandais.
Moi ? 5ème, aucune grosse faute et un plaisir de conduite immense. L’auto était efficace, le terrain m’a plu et je me suis rapidement senti en confiance. On a entamé le premier jour dans l’optique de se positionner dans le classement. Les écarts se sont rapidement creusés devant et derrière nous et il aurait été déraisonnable de tenter de remonter sur la 4ème place. D’autant que le “gap” était important derrière nous et que nous avons rapidement été à l’abri d’un retour à la régulière d’un adversaire. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la fin de rallye était assez délicate à gérer car il est parfois plus compliqué d’assurer le coup que de rouler sur le fil du rasoir en étant totalement concentré sur son objectif.
Je pense que le Junior Team peut être fier de son début de championnat. La 5ème place est une bonne base pour la suite de la saison. De son côté, Kimi a fait du bon travail. Nous étions assez décalés dans l’ordre de passage et on ne s’est donc pas trop croisés mais on a discuté après le rallye. C’était sa première épreuve WRC et il ne s’est pas pris la tête… c’était la bonne attitude ! Il a beaucoup à découvrir, il faut qu’il accumule de l’expérience : équipe, auto, coéquipier, notes, terrains différents, ça serait rapidement indigeste pour un pilote qui n’a pas son talent. Il a fait quelques petites erreurs mais il a vu l’arrivée et c’était l’essentiel. Et puis ses 2èmes passages étaient très intéressants car on voyait qu’il avait déjà assimilé pas mal de choses et il a bien progressé avec quelques temps remarquables en fin de rallye. Je ne doutais pas de la rapidité de son adaptation mais il lui faudra un peu de temps pour être compétitif dès les premières spéciales. S’il se donne le temps, et qu’on le lui laisse, il sera un sérieux concurrent.
Prochaine étape, le Mexique. Autre continent, autre climat ! Il ne fait ni trop chaud ni trop humide et le changement thermique avec la Suède n’est pas très contraignant pour les organismes. C’est une épreuve que j’apprécie et j’aimerais bien pouvoir viser un podium sur un terrain que l’on connaît forcément mieux que la Suède où on partait d’une feuille de la même couleur que le paysage, blanche !
En attendant de m’envoler pour le Mexique en fin de semaine, je continue de m’entraîner et je m’accorde un petit plaisir en suivant les Jeux Olympiques. Montagnard de naissance et d’éducation, j’adore le ski alpin en particulier même si cette discipline n’a pas trop réussi aux Français pour l’instant. J’ai vibré en suivant les exploits de nos compatriotes en ski nordique et en biathlon et j’espère que ça n’est pas fini.
Je vous donne rendez-vous après le Mexique !
Seb
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